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15 février 2017

"Retour en Normandie" de Nicolas Philibert - Mardi 21 février 2017, 20 h 30, Théâtre des Variétes

PROJECTION EN PRÉSENCE DU CINÉASTE Nicolas PHILIBERT
Première partie : l'instantané "Monaco en films"
Insolite, étonnant, unique, un document d'archives sur Monaco est présenté sur grand écran.

RETOUR EN NORMANDIE de Nicolas Philibert (2006)France - Couleur et noir et blanc - 113 minutes
Réalisation : Nicolas Philibert. Image : Katell Djian. Son : Yolande Decarsin. Musique : Jean-Philippe Viret et André Veill. Montage : Nicolas Philibert assisté de Thaddée Bertrand. Production : Les Films d’Ici, Maïa Films, ARTE France Cinéma. Avec : Joseph et Marie-Louise Leportier, Nicole Picard, Gilbert et Blandine Peschet, Annick et Michel Bisson Jacqueline Millère, Anne, Catherine, Christophe, Olivier, Pierre et Yvonne Borel, Norbert Delozier, Charles et Annie Lihou Roger Peschet et Caroline Itasse, Janine Callu, Nicole Cornué Bruno Gahéry, Claude Hébert.

L'ARGUMENT : ‘‘À l’origine de ce film il y en a un autre. Celui que le cinéaste René Allio tourna en Normandie en 1975 d’après un fait divers : Moi, Pierre Rivière, ayant égorgé ma mère, ma sœur et mon frère... J’avais 24 ans. René Allio m’avait offert le poste de premier assistant à la mise en scène. Tourné à quelques kilomètres de l’endroit où le triple meurtre avait eu lieu 140 ans plus tôt, ce film allait devoir une grande part de sa singularité au fait que la plupart des rôles avaient été confiés à des paysans de la région. Aujourd’hui j’ai décidé de retourner en Normandie, à la rencontre des acteurs éphémères de ce film. Trente ans ont passé.’’ Nicolas Philibert​

CRITIQUE : Pour succéder au triomphe d’Être et avoir, au thème universel, Nicolas Philibert a choisi sciemment un sujet plus pointu et personnel. Une trentaine d’années après avoir été l’assistant de René Allio pendant le tournage de Moi, Pierre Rivière, ayant égorgé ma mère, ma sœur et mon frère, il revient sur les ‘‘lieux du crime’’, à la recherche des interprètes non professionnels de ce film. Il les interroge sur le souvenir de ce qui fut, pour la plupart d’entre eux, une expérience inoubliable et sans lendemain, et les observe dans leur vie quotidienne. Trois niveaux de discours s’entremêlent avec dextérité : une chronique de la France rurale d’aujourd’hui, avec ses désillusions et ses espoirs ; le tournage rocambolesque d’Allio, se battant pour réaliser son film, et dont les précieuses notes ont été préservées ; et l’évocation même de Pierre Rivière, cet assassin pas comme les autres, dont les confessions manuscrites avaient été exhumées par Michel Foucault. Le film ménage un suspense inattendu avec la recherche de l’interprète de Pierre Rivière, et se termine par deux étonnants coups de théâtre. En filigrane, bien des questions sont posées sur la place d’un cinéaste confronté à un matériau réel, questions qui travaillent Philibert depuis toujours et que ses démêlés juridiques avec l’instituteur protagoniste de son dernier film n’ont sans doute fait qu’exacerber. Passionnant.

Yann Tobin in Positif n° 557-558, juillet 2007

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