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24 avril 2019

Jeanne Dielman, 23, quai du commerce, 1080 Bruxelles - Mardi 7 mai 2019, 20h00, Théâtre des Variétés

JEANNE DIELMAN, 23 QUAI DU COMMERCE, 1080 BRUXELLESChantal Akerman (1975)Belgique, France, 1975, couleurs, 201 minutesRéalisation, scénario et dialogues : Chantal Akerman. Image : Babette Mangolte. Son : Alain Marchal, Benie Deswarte, Françoise Van Thienen. Direction artistique : Philippe Graff, Jean-Paul Ferbus. Décors : Philippe Graff. Costumes : Philippe Graff. Montage : Patricia Canino, Catherine Huhardeaux, Martine Chicot. Production : Paradise Films, Unité Trois. Avec : Delphine Seyrig (Jeanne Dielman), Henri Storck (le premier client), Jacques Doniol-Valcroze (le deuxième client), Yves Bical (le troisième client), Jan Decorte (Sylvain Dielman).L’HISTOIRE : Jeanne a quarante-cinq ans, elle est veuve depuis dix ans et vit avec son fils, Sylvain, âgé de seize ans. Mardi : Jeanne reçoit un ‘‘client’’ avant que Sylvain ne rentre de l’école. Comme tous les autres jours, ses gestes s’enchaînent les uns après les autres, toujours les mêmes : ranger la chambre, prendre un bain, préparer le repas, etc. Lorsque Sylvain arrive, sa mère l’embrasse sans un mot. Ils mangent en silence et, comme tous les soirs, au top donné par la radio, ils vont faire le tour du pâté de maisons avant de se coucher. Mercredi : comme tous les matins, Jeanne cire les chaussures, prépare le petit déjeuner, fait la vaisselle, puis les courses, garde le bébé de la voisine, boit un café, ressort, entre dans une brasserie et revient pour le ‘‘client’’ du mercredi. Pourtant, ce soir-là, la mécanique se dérègle...CRITIQUE : Un film marque une date dans l’histoire du cinéma lorsqu’il découvre de nouveaux territoires du filmable, lorsqu’il songe à s’intéresser à des sujets que personne ne jugeait digne d’intérêt : préparer une escalope panée, peler des pommes de terre, se coiffer plusieurs minutes devant une glace, introduire un gant de toilette dans ses oreilles afin de les nettoyer. Autant de gestes découverts sur un écran pour la première fois dans Jeanne Dielman et qui, par la simple retranscription par les moyens du cinéma, donnent lieu à une véritable sidération. Tout ce qui constitue les déchets du cinéma classique (le temps qu’il faut pour mettre une table) devient tout à coup la matière même d’un film. Mais à cette extension du domaine du filmable, il fallait joindre les bonnes solutions de représentation. La puissance de Jeanne Dielman tient à l’extrême stylisation de ces actions bien ordinaires. Si les gestes sont ceux de l’hyper-quotidienneté, la façon de les montrer est aux antipodes du naturalisme.Jean-Marc Lalanne, Les Inrockuptibles, avril 2007

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