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Benoite Sevelinges CHPG - Benoîte de Sevelinges, Directeur du Centre Hospitalier Princesse Grace.
10 janvier 2019

Interview de Benoîte de Sevelinges, Directeur du Centre Hospitalier Princesse Grace

Nommée à la tête du Centre Hospitalier Princesse Grace (CHPG) en remplacement de Patrick Bini, cette Monégasque de 36 ans en fonction depuis le 1er juillet nous a accordé un entretien dans lequel elle expose, outre son parcours, sa vision du projet hors-norme que constitue le Nouveau Centre Hospitalier Princesse Grace (NCHPG).

Comment définiriez-vous le projet du NCHPG ?

Il s’agit d’un projet d’une complexité extrême, tant par sa localisation et la nature du sol, que par les exigences dues au statut de seul établissement public du pays. A ce titre, le CHPG doit en effet être capable de répondre aux besoins évolutifs de la population, nécessitant à la fois une haute technologie et une modularité importante de ses plateaux techniques, mais aussi capable d’absorber une crise sanitaire, avec 30 % de chambres doublables, et de résister aux catastrophes naturelles type tempête ou tremblement de terre.

Il s’agit d’un réel défi constructif hors norme, puisque le bâtiment est construit au-dessus de deux routes, et positionné en mitoyen d’un bâtiment hospitalier existant, et en fonctionnement permanent pendant toute la durée des travaux.

Quelles avancées et innovations apportera-t-il à la Principauté ?

Ce bâtiment sera un atout pour l’ensemble des résidents monégasques. En plus d’une réelle réussite architecturale et esthétique, il sera fonctionnel, permettant des prises en charge plus rapides, grâce à des circuits plus fluides et plus lisibles pour les patients. Les plateaux techniques seront regroupés, dans une recherche de rationalisation, et la capacité des unités permettra d’être plus efficients.

Il apportera un grand plus en termes d’hébergement, avec 100 % de chambres individuelles, dont près de 70 % bénéficieront d’une vue mer. Une offre premium complète sera développée, avec l’extension de l’unité de check-up de 3 lits actuellement à 8 lits dans le nouveau bâtiment, et la mise à disposition de chambres premium dans toutes les unités (contre 2 actuellement) afin de continuer à contribuer à l’attractivité de la Principauté.

Il permettra enfin de regrouper l’offre de soins sur un bâtiment unique, développant ainsi les synergies entre les équipes spécialisées, et permettant de créer et conserver davantage de lien.

Correspondra-t-il à votre vision de l'hôpital du futur ?

C’est l’objectif ! La plus grande préoccupation de l’équipe projet réside dans la prévention du risque d’obsolescence. En effet, le programme de ce bâtiment a été rédigé en 2010 ; pour une livraison, dans le meilleur des cas, 20 ans plus tard. Il s’agit donc de prendre, voire d’imaginer l’ensemble des mesures conservatoires de nature à permettre au futur bâtiment de s’adapter aux évolutions organisationnelles, comme au progrès technique.

Par exemple, lorsque nous avons rédigé le programme, les robots chirurgicaux n’existaient pas ; aujourd’hui, le CHPG réfléchit à l’acquisition d’un second robot. Qu’en sera-t-il en 2030 ?

Ce risque d’obsolescence avait été appréhendé dès la rédaction du programme, mais il constitue toujours un des enjeux majeurs, nous obligeant à une importante part de prospective, et des visites régulières dans les bâtiments les plus modernes. Je dois en effet pouvoir appréhender les évolutions à 5 ans, afin d’imaginer les mesures conservatoires qui seront potentiellement utiles dans 10 !

Avec le chantier au centre des préoccupations, comment se passe le fonctionnement du CHPG ?

A ce stade de l’opération, le CHPG est relativement peu impacté par le chantier, qui se développe en face des bâtiments hospitaliers. L’équipement de l’ensemble des façades exposées de doubles vitrages permet de préserver patients et personnels d’une grande partie des nuisances sonores.

Nous imposons par ailleurs de fortes contraintes au bon déroulement de l’opération, rappelant que le cahier des charges du concours exigeait de ne jamais fermer l’avenue Pasteur. Ceci reste un point de vigilance fort auquel la Direction veille en permanence. En effet, le projet doit préserver l’accessibilité au CHPG, et le fonctionnement de celui-ci, et ce de façon inconditionnelle.

Pouvez-vous revenir sur votre parcours professionnel ?

Après l’obtention d’un diplôme de Sciences Politiques et d’un DESS Stratégie et Gestion Commerciale, je suis entrée en stage au Groupement Hospitalier de la Pitié Salpêtrière. Cette expérience a été une révélation, et m’a permis de réaliser une formation très complète à l’Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique, dont j’ai obtenu le diplôme de « Directeur d’hôpital ».

Je suis entrée au CHPG le 1er avril 2009, en tant que Directeur Adjoint, chargé des Ressources Matérielles. Progressivement m’a été confiée la gestion de grands projets de restructuration comme le Nouvel Hôpital, le Nouveau Cap Fleuri, le pôle de consultations Tamaris et l’Unité de Check-up. J’ai également initié des projets innovants en matière d’hôtellerie restauration, ou encore de développement durable, en créant la démarche « Hôpital Vert », avant de prendre les fonctions d’Adjoint au Directeur en 2016, puis de succéder à Patrick Bini en juillet 2018 à la tête de l’établissement.

Quel est votre sentiment après ces quelques mois passés à la tête du CHPG ?

A titre personnel, j’évoquerai tout d’abord un sentiment de fierté d’avoir été choisie par le S.A.S. Prince Souverain, mais également d’avoir été soutenue par la communauté hospitalière, dont l’appui est à la fois une marque de confiance et de reconnaissance du travail accompli ces 9 dernières années. Même si la pression est forte, j’aborde l’avenir avec confiance, car je crois au potentiel de l’établissement pour entrer avec succès dans ce qui sera, pour la médecine et la santé publique, une nouvelle ère, marquée par la transition numérique et la transformation des organisations qui en découlent. Et marquée, également, par le progrès scientifique sur le génome, de la biologie moléculaire, ou encore, de la médecine préventive.

Le CHPG est doté d’un personnel de grande qualité, et la culture de l’établissement doit être préservée pour promouvoir les valeurs de bientraitance et de bienveillance au sein des équipes, dans les transformations organisationnelles incontournables que nous abordons dès ce trimestre.

 

Benoîte de Sevelinges, Directeur du Centre Hospitalier Princesse Grace.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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