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caisson enews 2 - La ceinture de caissons délimitera le futur littoral de la Principauté. © Bouygues TP
10 janvier 2019

Urbanisation en mer : le remorquage et la pose des caissons

Les 18 caissons fabriqués dans le port de Marseille sont actuellement en phase de remorquage et d’immersion dans les eaux territoriales monégasques. Les superstructures de 28 mètres de côté et d’un poids de 10 000 tonnes chacune doivent être positionnées par 20 mètres de fond avec une précision de 10 cm, afin de former la ceinture de protection du futur éco-quartier de l’Anse du Portier. Voici les coulisses de cette étape cruciale du chantier qui a débuté le 12 septembre 2018.

Trois caissons ont déjà été acheminés jusqu’à Monaco. Ils seront 18 au total d’ici à l’été prochain. Au fur et à mesure de leur arrivée en Principauté, ils sont immergés pour constituer à terme le nouveau littoral du territoire monégasque. Par leur forme, leur dimension et leur poids, ces mastodontes de béton et d’acier représentent un véritable défi à la fois pour le remorquage depuis le site de fabrication de Marseille et pour leur immersion à Monaco.

En effet, le caisson n’est pas un élément aisément tractable ou manœuvrable car il n’est pas fait pour la navigation. De fait il a fallu définir l’ensemble du protocole pour réaliser ces opérations spécifiques. Le premier acheminement opéré en juillet 2018 constituait donc un événement totalement inédit pour lequel 18 mois de préparation ont été nécessaires. La mission a été remplie avec succès permettant désormais une relative standardisation de la procédure pour les autres caissons.

Un remorqueur d’une puissance de 89 tonnes

Spécifiquement équipé pour son transfert vers la Principauté, le caisson est tracté par un seul remorqueur d’une puissance de 89 tonnes au moyen d’un câble métallique de 57 millimètres de diamètre. Le câble peut s’étendre sur 800 mètres, la distance maximale qui peut séparer le remorqueur du caisson. Ce câble pèse à lui seul 9 tonnes.

La navigation entre Marseille et Monaco dure 3 jours à la vitesse de 1.5 nœuds. 7 points d’abri ont été définis sur le tracé pour faire face à des changements météorologiques soudains ou des phénomènes climatiques extrêmement localisés.

À son arrivée à Monaco, le caisson est immergé dans la journée. Ce timing très précis favorise l’exécution rapide de l’ensemble des opérations. Il limite ainsi les risques liés à l’évolution des conditions climatiques.

Ajuster sa position au centimètre près

Les caissons trouvent leur position finale sur le remblai d’assise sous-marin construit au moyen de 1,5 million de tonnes de granulat naturel et dont la partie supérieure se trouve par moins 20 mètres de fond. Deux phases préalables à la pose s’enchaînent alors : l’écrêtage et le nivellement.

L’écrêtage consiste à aplanir grossièrement la surface du remblai. Une benne à câbles déplace le granulat du sommet des bosses vers les creux. À la fin de l’opération, grâce à ce comblement, les écarts sur la surface sont inférieurs à 20 cm.

Le niveleur peut alors entrer en action et araser avec précision. Il s’agit d’une structure métallique de 54 tonnes équipée d’une grande lame horizontale de 15 mètres de large posée sur le remblai. Un granulat fin est déposé devant cette lame, qui vient ensuite «scalper» la surface en la rendant parfaitement lisse. Pour ce travail, 4 plongeurs contrôlent la bonne avancée de la lame et le fonctionnement du niveleur. Au total, 6 jours sont nécessaires pour niveler la zone d’assise d’un caisson. Après cette opération, les écarts d’un point à l’autre de la surface du remblai n’excéderont pas 5 cm.

Une fois la surface d’accueil préparée, le caisson peut être posé. La manœuvre d’approche vers l’emplacement désigné se fait avec 2 navires multicats placés à l’avant et à l’arrière du caisson. Ces engins ont des hélices azimutales qui pivotent à 360° et sont donc extrêmement manœuvrants. Ils offrent une gestion manuelle de la position du caisson permettant à la fois la stabilité mais aussi la manœuvrabilité de celui-ci. Ceci est déterminant pour ajuster sa position au centimètre près.

Le caisson est ainsi amené sur sa zone de pose et pratiquement sur son emplacement définitif. À ce stade il subit un premier ballastage pour le présenter à moins d’un mètre au-dessus du remblai. Le caisson est équipé de moyens de monitoring topographique grâce auxquels la lecture des instruments permet de donner en temps réel la position exacte du caisson au chef de manœuvre qui le déplace en gérant la tension des câbles entre les 2 navires multicats.

Une fois le caisson définitivement stabilisé, en équilibre 50 cm au-dessus de sa position finale, il est ballasté complètement pour le faire descendre sur le remblai. En cas d’écart entre la position cible et la position réelle, le ballastage étant liquide, il suffit de déballaster pour remettre le caisson en flottaison et reprendre l’opération.

Quand la pose est validée, l’eau est remplacée par du sable pour rendre le caisson encore plus stable. Il s’agit de la phase de ballastage solide. Pour limiter le risque de turbidité, l’eau est pompée au fur et à mesure en respectant des temps de décantation pour rejeter de l’eau claire en mer. Après cette opération, le poids final du caisson posé est de l’ordre de 24 000 tonnes.

La ceinture de caissons délimitera le futur littoral de la Principauté. © Bouygues TP

Les conditions météo doivent être parfaites pendant la traversée. © Bouygues TP

Les 2 premiers caissons posés, chacun d’un poids final de 24 000 tonnes. © SAM Anse du Portier

Le premier caisson de l’extension en mer a été inauguré le 25 juillet en présence de S.A.S le Prince Albert II. © Direction de la Communication

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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